10 OCTOBRE 2026Économie

Budget 2027 : la commission des Finances rejette la partie recettes

La commission des Finances de l'Assemblée nationale a voté quasi‑à‑l'unanimité contre la première partie du projet de loi de finances 2027, lourdement amendée par les députés. Ce rejet souligne l'absence de majorité claire pour le gouvernement et accentue la pression politique autour d'options comme le recours au 49.3 ou aux ordonnances budgétaires.

Budget 2027 : la commission des Finances de l'Assemblée nationale a rejeté, vendredi 9 octobre, la première partie du projet de loi de finances 2027 consacrée aux recettes, par 31 voix « contre », 3 « pour » et 2 abstentions, selon le compte rendu de la commission. Ce vote, intervenu après trois jours d'examen et de multiples amendements, n'invalide pas immédiatement le texte mais constitue un signal politique fort à quelques jours du début des débats en hémicycle prévus mardi 13 octobre.

Des alliances ponctuelles d'opposition et des députés de droite ont facilité ce rejet. Les groupes de gauche et une partie du centre‑droit ont critiqué la copie gouvernementale et adopté des remaniements substantiels du volet recettes — parmi lesquels des relèvements du plafond du Livret A et une hausse importante de la taxe sur les géants du numérique — transformant la version examinée en commission en une copie différente de celle présentée par l'exécutif.

Conséquences budgétaires et options gouvernementales

Le rapporteur général a estimé que les amendements adoptés en commission aggraveraient le déficit d'environ 10 milliards d'euros, portant la trajectoire à 5,35–5,4 % du PIB contre l'objectif gouvernemental de 5 %. Face à l'absence d'une majorité stable, l'exécutif dispose de plusieurs options politiques lourdes : recourir à l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer la loi sans vote, ou, plus exceptionnel, envisager des ordonnances budgétaires — procédure jamais utilisée — qui permettrait d'imposer le budget sans vote, piste évoquée par la presse.

Tensions politiques et calendrier

La présidence de la commission et les groupes d'opposition dénoncent une copie gouvernementale jugée insuffisante, tandis que certains députés du camp présidentiel regrettent les amendements ajoutés en commission, qui compliquent l'équilibre des recettes et des dépenses. Les débats en séance publique, qui recommenceront mardi, seront déterminants : si la partie « recettes » est rejetée en hémicycle, cela signifierait le rejet total du budget, sans examen de la partie dépenses.

À court terme, l'exécutif devra arbitrer entre concessions en hémicycle, recours constitutionnels risqués et stratégies politiques pour préserver sa trajectoire budgétaire, tandis que l'opposition scrutera la moindre erreur pour tenter d'infléchir le texte initial.