Emmanuel Macron exclut toute nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale
Lors d'une interview le 24 septembre sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron a écarté l'hypothèse d'une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale et a appelé les partis à faire preuve de responsabilité avant l'examen du budget 2027, défendant les choix budgétaires du gouvernement et des mesures ciblées face à la crise des prix des carburants.
Emmanuel Macron a exclu toute nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale à court terme. Interrogé lors d'une interview de plus de 40 minutes diffusée simultanément sur TF1 et France 2 le 24 septembre, le chef de l'État a estimé qu'une telle décision « ne serait pas bonne pour le pays », invoquant le calendrier électoral et le risque d'aggraver l'instabilité politique à moins d'un an de l'élection présidentielle.
Un choix politique et constitutionnel
Le président a justifié son choix par la proximité du scrutin présidentiel et par la volonté d'éviter d'ajouter une « instabilité » institutionnelle à une conjoncture économique et sociale déjà tendue. Rappelant que la première dissolution avait été « faite en conscience », il a estimé que renouveler l'opération aujourd'hui priverait surtout le prochain président ou la prochaine présidente de la possibilité de recourir à cet outil et créerait une incertitude prolongée pour les Françaises et les Français.
Cette déclaration vise aussi à désamorcer une arme politique récurrente : la menace d'une dissolution peut peser sur les négociations parlementaires, en particulier sur des textes sensibles comme le projet de budget 2027. En écartant cette possibilité, le président retire une marge de pression qui aurait pu contraindre l'exécutif ou certains partenaires parlementaires.
Appel à la responsabilité face aux défis économiques
À la veille de l'ouverture des débats budgétaires, Emmanuel Macron a appelé « les forces politiques » à faire preuve d'« esprit de responsabilité » pour permettre au gouvernement d'agir. Cette injonction intervient alors que l'exécutif multiplie les contacts avec les groupes parlementaires pour sécuriser l'adoption du budget et éviter un blocage.
Sur le front des prix des carburants, le président a expliqué pourquoi il refuse, pour l'instant, de baisser les taxes sur les carburants : il privilégie des baisses de prix par la voie diplomatique et des aides ciblées aux plus exposés plutôt qu'une diminution généralisée des recettes fiscales.
En excluant la dissolution, Emmanuel Macron cherche à stabiliser le cadre politique national et à concentrer la rivalité entre forces politiques sur la campagne présidentielle et les textes en discussion, plutôt que sur une séquence institutionnelle supplémentaire. Reste à voir si cet appel à la responsabilité suffira à désamorcer les tensions autour du budget et des principales réformes de la rentrée.
Sources consultées
- https://rmc.bfmtv.com/actualites/politique/un-esprit-de-defiance-pour-le-budget-sebastien-lecornu-multiplie-les-courriers-mais-se-heurte-au-mur-socialiste_AN-202609240272.html
- https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/senatoriales-rn-lr-horizons-ps-lfi-on-vous-resume-les-enjeux-du-scrutin
- https://www.lagazettefrance.fr/article/lecornu-propose-de-rencontrer-les-parlementaires-ps-pour-batir-un-nouveau-compromis-sur-le-budget-selon-un-courrier
- https://www.franceinfo.fr/economie/automobile/essence/voie-diplomatique-finances-publiques-aides-ciblees-pour-quelles-raisons-emmanuel-macron-refuse-t-il-pour-l-instant-de-baisser-les-taxes-sur-les-carburants_8208659.html
- https://www.rtl.fr/actu/politique/ce-ne-serait-pas-bon-pour-le-pays-emmanuel-macron-exclut-toute-nouvelle-dissolution-alors-que-la-premiere-a-ete-faite-en-conscience-7900676724