17 SEPTEMBRE 2026Institutions

Laurent Nuñez doit démissionner, demande LFI après une fausse info

La France insoumise a exigé jeudi la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, accusé par Complément d'enquête d'avoir contribué à la diffusion d'une fausse information concernant la prétendue découverte de stupéfiants sur l'eurodéputée Rima Hassan. Le gouvernement minimise en évoquant des échanges « off » avec des journalistes, mais l'affaire prend une dimension politique et risque d'alimenter une nouvelle crise de confiance envers l'exécutif.

Laurent Nuñez se retrouve sur la défensive depuis la diffusion d'un reportage de Complément d'enquête qui l'accuse d'avoir contribué à la diffusion d'une fausse information liée à la garde à vue de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan le 2 avril, pour apologie du terrorisme. Plusieurs médias avaient alors relayé qu'une petite quantité de drogue de synthèse aurait été trouvée parmi ses effets personnels ; l'enquête relative à cette détention de stupéfiants a finalement été classée sans suite.

Ce que révèle Complément d'enquête

Selon le reportage diffusé cette semaine, le ministre de l'Intérieur aurait « en partie contribué » à la propagation des allégations. Le magazine affirme que, lors d'un trajet en train à son retour d'un déplacement officiel à Bordeaux aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu, M. Nuñez a livré des éléments à plusieurs journalistes présents, confirmant la présence de « deux types de drogue » et relayant un point de vue sur les explications prêtées à Rima Hassan. Un témoin journaliste cité par l'émission assure que le ministre aurait même donné des précisions sur l'origine supposée des produits et sur les déclarations attribuées à l'élue insoumise.

Réactions du gouvernement et enjeux politiques

La révélation a déclenché une réaction immédiate de La France insoumise, qui parle d'« affaires particulièrement graves » et qualifie le comportement allégué de « manipulation politique crasse ». LFI exige la démission de Laurent Nuñez et annonce vouloir porter ces éléments devant les instances parlementaires pour obtenir des comptes sur les pratiques de communication du ministère de l'Intérieur et l'information des médias.

L'entourage du ministre a, en revanche, minimisé la portée des révélations. Selon des propos relayés par l'AFP et repris par la rédaction, l'échange évoqué par Complément d'enquête se serait tenu « en off » à l'initiative des journalistes et aurait porté sur des éléments déjà publiés à l'époque. Le cabinet de Laurent Nuñez conteste l'idée d'une instrumentalisation et rappelle la complexité des échanges entre autorités et presse lors d'affaires sensibles.

Sur le plan politique, l'affaire survient alors que le gouvernement est réuni en séminaire de rentrée pour préparer notamment le budget 2027 et d'autres dossiers sensibles, une temporalité qui ajoute une dimension politique aux critiques. Si LFI transforme la révélation en procédure politique (questions au gouvernement, auditions, demande de commission d'enquête), l'exécutif devra décider s'il s'en tient aux explications fournies ou s'il répond par des mesures plus fortes pour calmer l'opposition.

À court terme, l'affaire place le ministre de l'Intérieur sur la défensive et relance le débat sur la transparence des échanges entre responsables publics et médias, ainsi que sur la responsabilité politique en cas de diffusion d'informations finalement démenties par la suite.