10 SEPTEMBRE 2026Justice

Périscolaire à Paris : la procureure lance des investigations

La procureure de Paris a ouvert des investigations après plusieurs plaintes de familles pour violences et atteintes sexuelles dans le périscolaire parisien. Les enquêtes visent notamment l'actuel maire Emmanuel Grégoire et sa prédécesseure Anne Hidalgo, alors que la Ville a suspendu des animateurs et lancé des centaines d'enquêtes internes.

Périscolaire à Paris, la procureure de la capitale, Laure Beccuau, a annoncé jeudi l'ouverture d'investigations après la réception de plusieurs plaintes liées à des faits de violences et d'atteintes sexuelles. Trois plaintes ont été jointes à l'instruction à ce stade, dont une déposée par une quinzaine de familles regroupées au sein du collectif MeTooEcole, qui mettent en cause la responsabilité de la municipalité et de ses dirigeants dans le traitement de ces dossiers.

Les plaintes imputent à des responsables municipaux des manquements tels que la mise en danger délibérée d'autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d'infraction concernant des enfants parfois âgés de deux à quatre ans. Outre l'actuel maire Emmanuel Grégoire (PS), la plainte vise aussi sa prédécesseure Anne Hidalgo (PS) et Patrick Bloche, ancien adjoint chargé des affaires scolaires. Selon la procureure, les dossiers reçus proviennent de « différentes origines » et les investigations sont désormais formellement engagées.

Un système scolaire sous tension

Depuis le début de l'année 2026, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Au total, 235 enquêtes sont en cours, touchant 184 établissements — écoles primaires et crèches en milieu scolaire et périscolaire — selon les chiffres communiqués par la presse et les parents. Ces révélations ont suscité une vive colère des familles et des associations, qui dénoncent un manque de réaction et de moyens pour protéger les enfants.

La plainte déposée par le collectif MeTooEcole vise à établir « ce que ces élus savaient » des dysfonctionnements et des signalements antérieurs. Les plaignants demandent à la justice de déterminer si des responsabilités politiques ou administratives existent dans la gestion de ces alertes et si des omissions volontaires ont contribué à la mise en danger des enfants.

Enjeux politiques et juridiques

Sur le plan politique, l'affaire prend une dimension sensible : Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo devraient prochainement être entendus par une commission d'enquête sénatoriale. Du point de vue judiciaire, l'ouverture d'investigations ne préjuge d'aucune mise en cause formelle, mais marque le passage à une phase où les responsabilités individuelles et institutionnelles seront examinées par les magistrats.

La maire et l'entourage d'Emmanuel Grégoire n'ont pas souhaité réagir publiquement dans l'immédiat. Pour les familles et les associations, l'enjeu est double : obtenir réparation et faire évoluer les procédures de signalement, de prévention et de contrôle pour éviter que de tels faits ne se reproduisent. Les prochaines semaines devraient permettre d'en savoir plus sur l'ampleur des investigations et sur les auditions prévues des élus visés.