3 SEPTEMBRE 2026Institutions

Stock fantôme de dossiers : Laurent Nuñez conteste son existence

Interrogé le 3 septembre sur RTL, Laurent Nuñez a rejeté la notion de « stock fantôme » de dossiers de violences sexuelles sur mineurs évoquée par Gérald Darmanin, promettant de répondre point par point. Ce désaccord met en évidence une tension entre ministères et relance la question de la coordination entre police, gendarmerie et justice dans le suivi des affaires impliquant des mineurs.

Le « stock fantôme » de dossiers a été contesté publiquement par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez jeudi 3 septembre. Interrogé sur RTL, M. Nuñez a affirmé qu'il ne voulait « pas laisser penser qu'il y a des dossiers qui restent en souffrance » et a nié que des enquêtes soient oubliées par absence d'enregistrement : « tous les dossiers sont traités », a-t-il assuré, précisant que les effectifs opèrent des priorisations en lien avec le parquet (bfmtv.com).

Nuñez rejette la notion et promet une réponse point par point

La controverse fait suite à la publication d'une note — largement relayée depuis plusieurs semaines — évoquant des remontées des parquets sur des dossiers de violences sexuelles sur mineurs non répertoriés ou laissés en souffrance. La révélation de ce document, liée à l'affaire Lyhanna, a provoqué un vif émoi au sein des forces de sécurité, qui ont dénoncé des généralisations et des conclusions jugées injustes envers la police et la gendarmerie (ledauphine.com).

Nuñez a toutefois indiqué qu'il répondrait « point par point » aux éléments soulevés et qu'il entendait corriger « un certain nombre de points », en particulier la notion même de « stock fantôme ». Pour le ministre, accuser d'enquêtes abandonnées reviendrait à donner une image trompeuse du travail des policiers et gendarmes judiciaires.

Enjeux de coordination et conséquences politiques

Au-delà du désaccord sémantique, cette prise de position publique met en lumière des questions concrètes : améliorer la coordination entre parquet et forces d'enquête, clarifier les remontées statistiques et les procédures d'enregistrement, et restaurer la confiance de l'opinion après une affaire particulièrement traumatisante. La divergence entre ministres intervient dans un climat politique sensible sur les institutions judiciaires et la sécurité et pourrait alimenter des demandes de transparence ou d'auditions parlementaires. À court terme, l'exécutif devra gérer l'effet politique de ces échanges tout en répondant aux attentes d'un public mobilisé sur la protection des mineurs et l'efficacité des poursuites.