31 AOÛT 2026Économie

Budget 2027 : le Premier ministre détaille le cap sans nouvel impôt

Sébastien Lecornu a présenté les grandes orientations du projet de loi de finances 2027 : pas d'augmentation d'impôt, maîtrise stricte de la dépense publique et redéploiement d'enveloppes vers des priorités régaliennes ou stratégiques. Le plan prévoit des hausses pour les Armées, l'écologie et l'éducation, et évoque des mesures sensibles comme la désindexation des pensions.

Le budget 2027 a été cadré par le Premier ministre, qui a affirmé qu'aucune hausse d'impôt n'était envisagée tout en appelant à « maîtriser la progression des dépenses » pour rendre la trajectoire des comptes publics soutenable. Selon le détail communiqué, le gouvernement entend concentrer les efforts sur des priorités jugées essentielles et limiter la progression globale des dépenses.

Des augmentations sectorielles mais une contrainte générale

Malgré la règle du « pas d'impôt nouveau », l'exécutif prévoit des compléments de crédits ciblés : +6,4 milliards d'euros pour le ministère des Armées, +1,1 milliard pour l'écologie (soutien aux renouvelables et au Fonds vert), +800 millions pour l'Éducation nationale, +600 millions pour l'Intérieur, +500 millions pour la recherche et +400 millions pour la Justice. Ces arbitrages visent à protéger certains postes jugés prioritaires au prix d'une compression plus large des autres dépenses.

Le Premier ministre a précisé que ces orientations seront traduites dans le projet de loi de finances et dans la loi de financement de la sécurité sociale, qui seront débattus à l'automne. Le calendrier et les modalités exactes resteront tributaires des arbitrages finaux et de la situation politique à l'Assemblée.

Mesures annexes et signes de fermeté

Parmi les autres annonces figurent la prolongation des dispositifs d'aide aux entreprises les plus affectées par la hausse du carburant, initialement prévus pour s'arrêter fin août, ainsi qu'une ouverture politique à la désindexation des pensions par rapport à l'inflation, piste présentée comme un levier d'économies mais politiquement sensible.

Ce cadrage intervient alors que les agences de notation surveillent la France : Fitch a maintenu la note A+ avec perspective stable tout en alertant sur des déficits potentiellement plus élevés, en soulignant l'impact d'engagements supplémentaires en matière de défense et la contrainte politique liée à l'absence de majorité claire. Le gouvernement affirme vouloir éviter des mesures brutales et répartir l'effort sur la dépense. Reste à voir si ce cadrage suffira à convaincre les parlementaires et à apaiser les marchés, alors que le dernier budget du quinquennat sera présenté à quelques semaines de l'élection présidentielle dans un climat politique fragmenté.