30 AOÛT 2026Santé

Assurance maladie : Lecornu veut réformer pour freiner l'abus d'arrêts

Le Premier ministre a annoncé une réforme de l'assurance maladie axée sur la « bonne gestion » et la lutte contre les arrêts maladie jugés abusifs, tout en excluant des économies sur la Complémentaire santé solidaire et les petites retraites. Cette annonce s'inscrit dans les pistes budgétaires 2027 présentées par Matignon et ouvre une phase de consultations politiques avant le dépôt du projet de loi de finances.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 29 août l'ouverture d'une réforme de l'assurance maladie qui mettra l'accent sur la « bonne gestion » de la branche et la lutte contre les arrêts maladie jugés abusifs. Interrogé par Le Parisien, il a expliqué vouloir traiter « des efforts de bonne gestion » pour l'Assurance maladie et a explicitement cité la question des arrêts de travail, estimant que « tout le monde ne peut que constater les abus qui explosent ces dernières années » (huffingtonpost.fr).

Un chantier encadré par le budget 2027

La réforme est présentée par Matignon dans le cadre des grandes orientations budgétaires pour 2027. Le Premier ministre a assuré qu'il n'y aura pas de nouvelle hausse d'impôts et qu'il excluait des économies sur la Complémentaire santé solidaire ou le gel des petites retraites, tout en cherchant à maîtriser la dépense publique (rtl.fr). Selon les premières orientations dévoilées, l'exécutif prévoit de prioriser certaines dépenses tout en faisant « des choix » afin de réduire l'écart entre la progression des dépenses et l'inflation (renseignementeconomique.fr).

La volonté affichée est d'articuler la réforme sanitaire avec des gains de gestion plutôt que par des coupes ciblées dans les dispositifs de solidarité. Matignon évoque une série de mesures « pour beaucoup réversibles » afin de faciliter le vote du budget avant la présidentielle, laissant ouverte la possibilité pour la prochaine majorité d'amender ces choix.

Modalités incertaines et risques politiques

À ce stade, Matignon n'a pas détaillé le périmètre exact des mesures envisagées sur les arrêts maladie : contrôles renforcés, modification des règles médicales de prescription ou nouveaux dispositifs administratifs sont des pistes possibles, mais aucune annonce technique concrète n'a été faite. Le gouvernement indique vouloir ouvrir des consultations avec les formations politiques et les partenaires sociaux avant de traduire ces orientations en textes.

L'annonce pose d'ores et déjà la question des réactions des syndicats et des professionnels de santé, qui pourraient contester des mesures perçues comme une « remise en cause » des droits des salariés malades. Elle s'inscrit aussi dans un calendrier sensible : Matignon cherche à faire adopter un budget qualifié de « différent » et « réversible » avant la présidentielle, dans un contexte de fragmentation politique et de fortes contraintes budgétaires.

Suite à ces déclarations, la priorité donnée par l'exécutif sera de préciser le calendrier législatif et le contenu des mesures après concertation, afin de transformer ces orientations en propositions susceptibles d'être discutées au Parlement dans les semaines à venir.

Assurance maladie : Lecornu veut réformer pour freiner l'abus d'arrêts — Présidentielle 2027